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Mark ALDANOV

Mark Aldanov est né à Kiev en 1886. Bénéficiant d’une éducation de qualité, il obtient en 1910 à l’université de Kiev un diplôme de droit ainsi qu’un diplôme en sciences naturelles, avec une spécialisation en chimie. Ses premières publications sont d’ailleurs de nature scientifique, et il travaille comme ingénieur chimiste pendant la Première Guerre mondiale. Mais il écrit aussi en 1915 un essai intitulé Tolstoï et Romain Rolland. Comme son ami Ivan Bounine, Aldanov était un grand admirateur du célèbre écrivain russe.

Mark Aldanov se présentait comme un socialiste, mais pacifiste : il était contre l’idée d’une révolution. Il s’exile en 1919 et vit quelque temps en Allemagne avant de s’installer en France.  Il écrit plusieurs ouvrages historiques, dont un livre sur Lénine.
Historien, chimiste, journaliste et romancier
Inscrit dans les milieux de l’émigration russe parisienne, Mark Aldanov devient un collaborateur régulier des revues et journaux comme Poslednie novosti (Dernières nouvelles) ou Sovremennye zapiski (Les Annales contemporaines). Il se tourne ensuite vers le roman historique, avec une tétralogie sur la Révolution française de même qu’une une trilogie centrée sur la Révolution russe et la communauté russe émigrée.

Rattrapé par la Seconde Guerre mondiale, il émigre à New-York en 1941. Là-bas il fonde avec Mihail Cetlin Novy Zhurnal (La Nouvelle Revue), qui paraît encore aujourd’hui. Parmi les contributeurs de la revue, on retrouve Vladimir Nabokov, Ivan Bounine, Joseph Brodsky ou encore Alexandre Soljenitsyne.

Le couple Aldanov retourne en France dès 1947, pour s’installer définitivement à Nice. Mark Aldanov continue d’écrire des romans (Avant le Déluge, 1946 ; Récit sur la Mort, 1952 ; Vivre comme on veut, 1952), un essai sur la chimie et un ouvrage philosophique.

Son ultime œuvre romanesque est Suicide, dont le personnage central est Lénine : il y brosse un portrait tout en nuances du futur maître de la Russie, tout entier absorbé par la cause du peuple. Ce roman s’étend sur deux décennies, du congrès de Bruxelles en 1903 à la mort de Lénine en 1921, et couvre trois révolutions (1905, février 1917, octobre 1917), une guerre mondiale et une guerre civile.

Mark Aldanov meurt à Nice le 25 février 1957

Publiés aux éditions des Syrtes
L’émigration ou la mort : c’est le choix qui se présente à l’intelligentsia russe au lendemain du coup d’État bolchevik d’octobre 1917. Emporté par le tourbillon de l’histoire avec des millions de ses semblables qui, comme lui, avaient accueilli avec bienveillance la révolution pacifique et libérale intervenue quelques mois plus tôt, l’un des personnages de Suicide s’interroge : « Sommes-nous coupables ? » Embrassant plus de deux décennies de l’histoire russe et européenne (de 1903, année de naissance du parti bolchevik, à 1924, année de la mort de son chef), Suicide mêle habilement des personnages de fiction à des figures historiques telles que Vladimir Lénine, véritable fil conducteur du roman, mais aussi l’industriel et mécène russe Savva Morozov, l’empereur d’Allemagne Guillaume II, le monarque autrichien François-Joseph et bien d’autres encore. Tous portent une part de responsabilité dans le suicide de l’Europe et de la Russie en ce début du XXe siècle. Roman bilan sur les bouleversements historiques de 1917, Suicide décrit, à travers le destin des époux Lastotchkine et de leurs proches, comment l’établissement d’une justice sociale par la violence porte en lui les germes des tragédies. Ivan Bounine, lauréat du prix Nobel de littérature en 1933, l’a proposé à maintes reprises pour cette prestigieuse distinction. Suicide (1956), son dernier roman, est traduit ici pour la première fois en français.