Mária Földes (1925-1976) est une écrivaine juive hongroise originaire de Transylvanie (à l’époque appartenant à la Hongrie), survivante de la Shoah, dont la vie et l’œuvre ont été profondément marquées par l’expérience des camps de concentration nazis.
Née à Arad, elle grandit à Cluj (en Roumanie actuelle) dans une famille aisée de Juifs assimilés (un père commerçant prospère et fortuné). À la fin de ses études secondaires, en mai 1944, elle a été déportée avec sa mère et d’autres Juifs hongrois à Auschwitz, puis à Cracovie, Plaszów et Langenbielau. Après la libération des camps par les Soviétiques, en mai 1945, elles rentrent en Roumanie, pays qui va connaître une longue dictature communiste. Écrivaine, critique de théâtre, elle a été l’une des pionnières de la dramaturgie hongroise contemporaine en Roumanie, et son art s’est développé au fil des transformations de la réalité. Sa vision d’écrivaine a été marquée à la fois par l’expérience bouleversante des camps et par l’essor de la société socialiste.
La Promenade, son roman autobiographique, a été publié en 1974, en langue hongroise. La même année, elle quitte la Roumanie pour rejoindre ses deux enfants qui vivaient en Israël où elle publie quelques nouvelles dans divers journaux. En 1975, La Promenade est traduit en hébreu puis adapté au théâtre. En 1985, le texte a connu une adaptation radiophonique à Budapest. La traduction roumaine n’est parue qu’en 2024. Souffrant d’une dépression chronique, Mária Földes met fin à ses jours en 1976.
Il a fallu quatorze ans, entre 1960 et 1974, à Mária Földes, pour écrire La Promenade, roman profondément autobiographique.
Sous la forme d’un monologue intérieur et de fragments narratifs, elle revient sur son enfance, la déportation, les traumatismes mais aussi le besoin de continuer à vivre. Des images surgissent, sans chronologie stable, comme des éclats de mémoire. Un simple détail du quotidien – un visage, une rue, un bruit – peut déclencher un retour brutal au passé. Au fil des lieux traversés, l’évocation d’Auschwitz, de la dictature communiste ou des pertes personnelles se fond dans un réseau mémoriel. Les événements reprennent corps avec une intensité saisissante, donnant à qui lit La Promenade la sensation d’avancer pas à pas au côté de la narratrice, en témoin silencieux de son errance intérieure.
Mária Földes (1925-1976) est une écrivaine juive hongroise originaire de Transylvanie, survivante de la Shoah. La Promenade, son roman autobiographique, a été publié en 1974, en langue hongroise. La même année, elle quitte la Roumanie pour l’Israël. Mária Földes met fin à ses jours en 1976.
Avec une préface signée par Ágnes Lev, la fille de Mária Földes.