Fils de la poétesse Marina Tsvetaeva, Gueorgui Efron, que l’on appelait Murr, est né en Tchécoslovaquie en 1925 et a grandi en France jusqu’à l’âge de quatorze ans. La vie que mène la famille à Paris se révèle très précaire et dans les années 1930, Sergueï Efron et sa fille Ariadna deviennent de plus en plus prosoviétiques. En 1937 Ariadna retourna en URSS, suivie bientôt par son père, compromis dans l’affaire de l’agent Reiss. En 1939, après de longues hésitations, Marina et son fils Murr regagnèrent aussi l’URSS.
Malheureusement, Ariadna et Sergueï Efron sont rapidement arrêtés. Gueorgui et sa mère restent donc seuls, contraints de déménager et de vivre des maigres revenus de Tsvetaeva. Au début de la guerre, Marina Tsvetaeva et son fils sont évacués à Elabouga. Submergée par la misère, la solitude et l’incompréhension, Marina Tsvetaeva se suicide le 31 août 1941. Envoyé au front, Murr est tué le 7 juillet 1944.
Fils de la poétesse russe Marina Tsvetaeva, Gueorgui Efron, affectueusement surnommé Murr par sa mère, est un adolescent cultivé et éveillé. Il livre dans son Journal un témoignage poignant sur les années qu’il a passées en URSS entre 1939 et 1944.
Entre soucis d’adolescents, réflexions sur la situation politique en Europe et quotidien d’un citoyen soviétique, ce Journal plonge le lecteur dans la réalité implacable de ce pays avant et durant la guerre. Murr commence ainsi à tenir son Journal dès son arrivée en URSS. Les dernières notes datent d’août 1943, quelques mois avant sa mort. Ce document relate le destin d’un adolescent happé par la terreur stalinienne et les années de guerre. Ce sont aussi les derniers moments et la fin tragique de Marina Tsvetaeva.
La première partie nous plonge dans la réalité soviétique la plus ordinaire et la plus brutale qui soit. Le lot commun de millions de Soviétiques. Murr l’observe et l’analyse au fur et à mesure qu’il la subit : files d’attente au guichet des prisons pour déposer des colis, s’enquérir du sort de Sergueï et Ariadna, méandres de la bureaucratie carcérale, difficultés pour se loger, se nourrir, trouver de l’argent, s’inscrire à l’école, etc.
La seconde partie s’ouvre sur la terrible année 1941. C’est l’invasion de l’URSS par l’Allemagne, l’évacuation précipitée en Tatarie, puis le suicide de Tsvetaeva. Murr, devenu orphelin, désormais livré à lui-même, commence une vie errante et incertaine. Affaibli par la maladie, tourmenté par la faim devenue obsessionnelle, isolé et sans argent, il n’échappera pas à la mobilisation.