Eugenio Corti est un écrivain et essayiste italien, né le 21 janvier 1921 et mort le 4 février 2014. Après avoir participé à la campagne de Russie lors de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint les unités combattantes italiennes pour libérer le pays contre les Allemands. Se fondant ensuite sur ces expériences, il écrit des récits autobiographiques comme La plupart ne reviendront pas (I più non ritornano) ou Les Derniers Soldats du roi (Gli ultimi soldati del re).
Son ouvrage le plus connu reste cependant Le Cheval rouge (Il cavallo rosso), un roman de 1000 pages à nouveau fondé sur ses expériences et celles de ses compatriotes italiens pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci a été élu meilleur livre des années 1980 dans une enquête publique en Italie. Traduit dans plusieurs langues, le livre a également connu vingt-cinq éditions depuis qu’il a été publié en mai 1983.
En 1941, Eugenio Corti (1921-2014) est envoyé, à sa demande, sur le front russe. Ce jeune officier d’artillerie est affecté au Trente-cinquième corps d’armée, l’un des trois corps de l’Armée italienne de Russie qui comprend à l’époque plus de 200 000 hommes.
Les cent lettres qu’Eugenio Corti envoie à sa famille, rassemblées dans ce livre posthume, couvrent la période juin 1942-janvier 1943. On y lit l’arrivée sur le front russe ; les deux avancées des Allemands pendant l’été et l’automne 1942, qui déplacent le front sur le Don ; la formidable offensive russe de décembre. Déclenchée le 16 décembre 1942, elle enferme le Trente-cinquième corps d’armée dans une gigantesque poche. Contraintes de se replier, les unités italiennes et allemandes entament une retraite qui ne prendra fin, pour les rares survivants, dont Corti, que le 17 janvier. Mais à partir du 13 décembre 1942, Corti se tait. C’est ce silence « en creux » qui, paradoxalement, témoigne du terrible drame vécu par les soldats des deux camps. Le journal La Plupart ne reviendront pas (1947) rendra compte de ces tragiques journées de marche et de combats.
Je reviendrai n’est cependant pas qu’un journal de guerre. Les lettres de Corti, qui doivent tenir compte de la censure militaire et de la censure que l’auteur s’impose dans cette correspondance adressée à sa famille, nous renseignent ainsi sur la vie au front d’un jeune officier. Mais elles donnent surtout la mesure de la dimension éthique de l’engagement de Corti. De même que son intérêt pour les populations civiles qui, en dépit de l’oppression qu’elles subissent, ont gardé la foi en l’homme et la foi chrétienne.
« Je reviendrai. » L’assurance avec laquelle Corti affirme qu’il reviendra du front n’est ni de l’inconscience ni de l’orgueil. Elle traduit en effet sa confiance en une mission à accomplir dans la vie ; ce sera sa vocation d’écrivain, qui va précisément naître en Russie.