Egon Berger (1912-1988), est le seul survivant de Jasenovac à avoir témoigné de son vivant. Emmené car Juif de Zagreb, il témoigne de l’horreur dans un livre paru en 1966.
C’est cet ouvrage terrible, ce document insoutenable mais de première importance, que les Éditions des Syrtes proposent ici, accompagné de photos d’époque retrouvées pour la plupart sur les gardiens de ce camp de la mort.
Paru aux éditions des Syrtes
Jasenovac – Un camp de la mort en Croatie (2015)
Sur la carte mentale de l’anéantissement des Juifs dont dispose le lecteur français, un lieu devenu symbole absolu – Auschwitz – tend à absorber tous les autres. De même, un mode d’extermination – la chambre à gaz – à désigner la Shoah dans son ensemble. (…) La figure du SS est ainsi nécessairement convoquée dès lors que nous nous représentons le génocide. Il accueille les convois sur le quai, on le retrouve dans l’encadrement des foules menées vers les sites de massacre. Or, il nous faudra d’emblée, pour aborder le témoignage d’Egon Berger, complexifier notre imagerie du crime de masse. À Jasenovac, camp d’extermination (officiellement « camp de rassemblement ») pour Serbes, Roms, Juifs et opposants, un des premiers et des plus meurtriers de la Seconde Guerre mondiale, on ne le verra pas, le lieu étant géré uniquement par des oustachis. On ne verra pas non plus de chambres à gaz, les moyens de tuerie y étant les plus primitifs et les plus cruels ». Luba Jurgenson, extrait de la postface