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Archiprêtre Avvakum

Avvakum est né le 20 novembre 1621 dans une famille pieuse. Ordonné prêtre, il a beaucoup voyagé, même en Sibérie pour prêcher la parole divine. Il s’oppose aux réformes religieuses du nouveau patriarche Nikon, en particulier aux changements apportés aux anciens rites et pratiques. En 1653, Avvakum, sa famille et ses disciples sont déportés en Sibérie.
Après la destitution de Nikon, Avvakum fut autorisé à retourner à Moscou en 1662, mais son opposition persistante aux réformes et la défense vigoureuse de ses principes aboutirent à nouveau à l’expulsion, pour l’extrême nord-est de la Russie européenne. Au cours des quinze années suivantes, avec la présence d’Avvakum et de ses partisans, la région de Poustozersk devient le centre spirituel de ce qui allait devenir le mouvement des vieux-croyants. C’est durant cette période qu’Avvakum a écrit son autobiographie et de nombreuses épîtres et traités alors que le mouvement continuait à se développer.
Le gouvernement, incapable de contrôler la croissance du mouvement des vieux-croyants, condamna Avvakum et trois de ses disciples, à être brûlés sur le bûcher, le 14 avril 1682.

Publiés aux éditions des Syrtes
Au début du XVIIe siècle, la Moscovie, sortie du temps des troubles, connaît un extraordinaire mouvement de réformes. Le nouveau patriarche Nikon se lance dans une transformation brutale de l’Église, suscitant de nombreuses protestations et aboutissant au schisme entre « vieille » et « nouvelle » foi, en 1667. Le représentant et héros de la vieille foi c’est Avvakum, né en 1620 dans la région de Nijni Novgorod, curé de campagne, archiprêtre, intraitable et tolérant, prophète et père de famille. Avvakum condamne les premières mesures de Nikon. Il est exilé en Sibérie, affecté à une troupe brutale chargée de conquérir le fleuve Amour, confronté en permanence à la mort. Il y restera onze ans et en 1664 il est rappelé à Moscou par le tsar Alexis. Déporté de nouveau, traîné de geôle en geôle, relégué à l’extrémité de la Russie, il sera brûlé vif au bord de l’Océan glacial, en 1682. Pendant tout ce temps, il prêche, écrit, se fait le porte-parole de la vieille foi. Avvakum est un extraordinaire écrivain. Sa Vie, composée par lui-même, est le chef-d’œuvre unique de toute la littérature russe avant le XIXe siècle. Écrite dans sa geôle de Poustozersk, La Vie représente à la fois la fin du Moyen-Âge et une extraordinaire naissance de la prose russe moderne parce qu’elle bouscule les genres, opère des renversements stylistiques et spirituels très modernes. On y voit directement agir, parler, penser les Russes d’avant Pierre le Grand : Avvakum lui-même, le tsar Alexis, son confesseur Stepan, le patriarche Nikon. On y suit, par le Baïkal et l’Angara, la première expédition sur l’Amour, avec Pachkov, féroce conquistador dont Avvakum est à la fois l’aumônier et la victime. Tout cela dans une atmosphère savoureuse de miracles, d’observations précises et de bon sens paysan. Ce texte, traduit du vieux russe, est un document essentiel pour tout curieux des choses russes, mais aussi pour l’historien des découvertes et pour l’ethnographe, pour l’historien de la religion, pour le psychologue et pour l’historien de la civilisation. Mais La Vie a de quoi étonner et captiver bien d’autres lecteurs. Elle est écrite dans une langue imagée et personnelle dont l’imprévu se dispute parfois la rudesse. La postérité de La Vie d’Avvakum est importante dans la culture russe; en 1872, Moussorgski s’en inspire pour son opéra La Khovanchtchina; le personnage de l’archiprêtre Touberozov des Gens d’Église de Nikolaï Leskov fait penser à Avvakum; Merejkovski écrit tout un poème inspiré par Avvakum en 1883, tandis qu’en 1900, Gorki voulait que La Vie entre dans les programmes scolaires.