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Volkonski
Publiés aux éditions des Syrtes

« Cet ouvrage est remarquable à plus d’un titre. C’est d’abord un rappel concis et documenté des racines historiques de la Russie. Érudit, le prince Volkonski nous fait toucher de près l’unité de cet immense territoire, gouverné pendant plusieurs siècles par une seule dynastie, celle des Rurikides, dont descend sa famille. Les vicissitudes sont nombreuses: démembrement dû à l’invasion mongole, occupation de terres russes par la Pologne et la Lituanie, marche pour l’unité. Toutes participent de la formation de l’identité nationale, un facteur clef pour mieux comprendre les Russes et la Russie à travers l’histoire.

Cette unité russe retrouvée devient la cible d’une politique concertée de l’Europe. Les menées de l’Autriche-Hongrie, de l’Allemagne, puis celles des États-Unis d’Amérique et celles des anciens alliés de la Russie pendant la Grande guerre sont brillamment exposées et dénoncées avec vigueur par l’auteur, qui s’appuie là sur son expérience de militaire et de diplomate. Il remet les pendules à l’heure avec une vivacité qui tient constamment le lecteur en haleine. Mais sa lucidité vis-à-vis des enjeux politiques n’a d’égale que son inquiétude face à la manipulation des esprits. Par ce biais, il nous offre aussi une image émouvante de son identité d’exilé, celle des Russes de la première émigration.

La crise ukrainienne actuelle plonge ses racines dans ce passé complexe, le nier est une folie dangereuse. En ce sens, ce livre apporte une aide précieuse à qui veut y comprendre quelque chose. Bien des éléments analysés par le prince Volkonski gardent une redoutable actualité : la haine de la Russie cultivée par certains, l’étonnement douloureux que cette agressivité suscite chez les Russes, l’hypocrisie intéressée des pays européens. L’entreprise de désinformation se poursuit, favorisée comme jamais en Europe par l’ignorance de générations auxquelles on a enseigné le dédain de l’histoire et de la géographie. » Prince Dimitri Schakhovskoy

conservatoire Rachmaninoff Paris Syrtes Barillot
LAURÉAT DU PRIX CONSUELO DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE 2025
  En 1924, compositeurs, chanteurs et danseurs, professeurs des Conservatoires de Moscou et de Saint-Pétersbourg, princes érudits ou simples anonymes fondent dans la Ville Lumière un nouveau conservatoire. Avec une idée fixe : perpétuer la tradition de l’École russe, l’héritage de leurs ancêtres, avec abnégation et panache. Au fil du temps, cette institution, qui a pris le nom du célèbre compositeur Serge Rachmaninoff en 1953, est devenue bien plus qu’un simple conservatoire : un centre culturel des Russes en exil en même temps qu’un lieu d’accueil véritablement fédérateur et emblématique de la capitale. L’épopée des personnages de ce récit, illustres ou oubliés, ressemble à un conte. Habile combinaison entre l’histoire de l’émigration russe et des fragments plus intimes de la vie du Conservatoire, le livre explore les moments marquants de son existence, tels que sa fondation, les concerts mémorables et les moments partagés par la communauté russe. Serge Rachmaninoff, Serge Prokofieff, Fiodor Chaliapine ou Serge Lifar – tous ces grands noms ont imprimé de leur personnalité et leur enseignement l’histoire de ce lieu. Avec de nombreux anonymes ils ont ainsi pu surmonter l’épreuve du déracinement et des difficultés de la vie. Dès le début, musiciens et danseurs de renommée mondiale se sont produits régulièrement, de Vladimir Horowitz en passant par Nathan Milstein, Gregor Piatigorsky ou, plus récemment, Evgeny Kissin et Nikolaï Lugansky. Un siècle plus tard, le Conservatoire russe reste un lieu vivant où des cours sont dispensés et qui accueille des rencontres musicales, littéraires et artistiques. Cet ouvrage est le fruit d’une exploration inédite des archives du Conservatoire Rachmaninoff, comprenant 30 000 partitions, dédicacées par de nombreuses personnalités artistiques telles que Darius Milhau, Francis Poulenc, Jules Massenet, Igor Stravinski, Anton Rubinstein, etc. Il contient également des centaines de photos, tableaux, lettres, télégrammes, poèmes, affiches de spectacles, dessins, cartes de membres, livres de compte, comptes rendus de réunions, laissez-passer, etc. Ces documents, regroupés dans 48 pages de cahiers photos, offrent un aperçu unique et captivant de l’histoire du Conservatoire, jusqu’alors inexplorée.