Alain Vincenot donne la parole à soixante résistants. Ce sont des obscurs, des sans-grade, la plupart restés dans l’ombre et qui témoignent pour la première fois. Des hommes, des femmes, alors très jeunes, qui refusent de voir la France occupée. Ils ont ainsi écrit, imprimé, distribué des tracts, réalisé des faux-papiers, collecté des renseignements pour les forces alliées, fait sauter des ponts, caché ou organisé la fuite de familles juives, exécuté des SS ou des collaborateurs, connu les camps de concentration…
Alain Vincenot a sillonné la France, il a rencontré ces femmes et ces hommes, recueilli leurs témoignages. Pour la première fois, un livre rend donc hommage à ces héros de l’ombre, à ces anonymes qui ont changé le cours de l’Histoire.
Cet ouvrage inédit d’Alain Vincenot est un recueil d’une vingtaine de témoignages d’enfants juifs arrachés à la barbarie nazie, parmi les 60 000 qui ont été sauvés sur les 72 000 vivant en France à la fin des années 1930.
Je veux revoir maman ! sonne comme un leitmotiv, une parole sans cesse répétée par des petits êtres arrachés à leurs parents. Ces êtres qui, dans l’insouciance de l’enfance traverseront, malgré tout, la guerre. À travers leurs histoires, ces enfants devenus adultes expriment avec émotion leur souffrance toujours vivace. Mais aussi la grande part d’amour qui les lie à jamais à ceux qui leur ont permis de vivre et de donner la vie à leur tour.
Rue des Rosiers : le quartier juif de Paris qui remonte au Moyen Âge. À partir du XIXe siècle, beaucoup de juifs d’Europe de l’Est, fuyant l’antisémitisme, y ont posé leurs valises. Ils l’ont alors appelé le Pletzl, la « petite place », en yiddish. Aujourd’hui, le Pletzl s’est « modernisé », mais ses murs n’ont oublié ni les joies du passé ni les malheurs endurés. Ils parlent pour peu qu’on sache les écouter. Comme parlent les anciens, dont les parents s’étaient enracinés sur ces quelques hectares parisiens.
Avant-guerre, ils avaient ainsi connu un village chaleureux, avec ses odeurs de charcuterie, de fromage fermenté et de hareng mariné, ses paliers vétustes et surpeuplés, ses ateliers… L’Occupation leur a volé leur enfance, leur adolescence. Ce sont ces destins brisés que nous rappelle ici Alain Vincenot.