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Suisse
Publiés aux éditions des Syrtes
Les saints occidentaux des dix premiers siècles appartiennent à l’Église orthodoxe, tout autant que les saints d’Orient. Ils partagent la même foi, la même vie spirituelle et indiquent de la même façon la voie vers le salut. C’est pour cette raison que les orthodoxes ayant fui leurs pays après les tragiques événements de la révolution russe ont fait revivre le culte de ces saints, oubliés en Occident et encore inconnus en Orient. La liste des saints orthodoxes locaux qui devaient être célébrés par l’Église a été décidée lors d’une assemblée des évêques en Europe occidentale présidée par l’archevêque Jean (futur saint Jean de Changhaï et de San Francisco), les 16-17 septembre 1952 à Genève. Parmi eux se trouvaient déjà quelques saints de la terre d’Helvétie : saint Colomban, saint Gall, saint Fridolin, et sainte Clotilde. Le choix des saints orthodoxes qui figurent dans ce recueil n’est pas arbitraire. En principe, ne sont considérés comme orthodoxes que les saints qui, non seulement ont vécu avant le schisme occidental de 1054, mais qui confessent également la foi orthodoxe et n’adhèrent à aucune doctrine étrangère à la foi des Pères. L’Église orthodoxe russe ayant incorporé dans son sanctoral les saints helvètes antérieurs au schisme, et leur ayant dédié un office liturgique et une fête annuelle, cet ouvrage permet de mieux les connaître. Les vies des saints orthodoxes de la terre d’Helvétie sont présentés comme dans un synaxaire d’Église, c’est-à-dire par mois, en commençant par celui de septembre, début de l’année liturgique.
Le modèle suisse semble aujourd’hui en danger. Il subit des pressions de toutes parts, ce qui pourrait aboutir à la fin de la vocation historique de la Suisse. Depuis longtemps, le pays se distingue grâce à sa démocratie, son fédéralisme, sa neutralité et son multilinguisme. Avec détermination, la Suisse a mis en œuvre des idées politiques, souvent à contre-courant. Au XVIIIe siècle, Voltaire s’étonnait qu’elle ait pu se faire une place parmi les nations, bien qu’elle n’ait pas grand-chose à offrir… À part l’essentiel : la liberté.  L’Identité suisse au défi est un plaidoyer sans équivoque pour une certaine vision de la Suisse et pour la préservation de ses acquis historiques. Paul Widmer milite pour une plus grande fermeté dans l’affirmation de ses différences afin d’éviter tout alignement derrière des attentes non partagées par tous, en particulier concernant sa neutralité. Le modèle suisse devrait préserver et renforcer sa singularité sans que cela puisse nuire à l’individu ou à la collectivité.  Une réflexion pertinente, accessible et engageante sur l’identité et la place de la Suisse dans le monde.