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société
Publiés aux éditions des Syrtes
Traduit de l’italien par Georges Hérelle

Le Feu, publié en 1900, met en scène un héros nietzschéen, Stelio Effrena. Celui-ci vit au-delà de toute limite et de toute contrainte. Des motifs autobiographiques sont révélés: ceux de D’Annunzio dans sa relation avec la grande actrice de théâtre Eleonora Duse.

Poète nouveau en qui la jeunesse voit déjà un incomparable maître, dramaturge non encore affirmé qui s’élève en antagoniste idéal de Wagner, Stelio sait pouvoir obtenir de la grande tragédienne Foscarina, qui l’aime d’un amour absolu, une contribution essentielle à l’affirmation de son art. Tourmentée par la jalousie et par la pitié qu’elle ressent pour elle-même, la Foscarina s’apaisera dans le renoncement. Alors que pour Stelio, l’art, le rêve, le désir et la victoire sont la respiration même de la vie.

Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

Choc des cultures, mondialisation libérale. Les grands mots définissant notre époque sont souvent synonymes de confrontation, de fin d’un monde, et n’offrent guère de perspectives d’avenir. Dans cet essai, Constantin von Barloewen propose donc un voyage exploratoire dans les cultures du monde. Il part à la recherche des clefs intellectuelles et spirituelles susceptibles d’ouvrir les portes d’une société fondée non plus sur la recherche du profit, le règne de la technique et le pouvoir du logos, mais sur le dialogue entre des cultures imprégnées de l’holos.

Anthropologie de la mondialisation est consacré aux cultures du monde, de l’Amérique latine au Japon, et aux rapports entre politique et religion en Amérique du Nord. Constantin von Barloewen y développe les principes d’une science culturelle comparée. Le regard d’anthropologue qu’il porte sur la globalisation, phénomène jusqu’ici décrit sous l’angle économique, trouve ici toute son actualité.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes: Portraits croisés. Quatre approches de cultures comparées (2004) Voyage à Madagascar (2003)
Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

Dans Voyage à Madagascar, Constantin von Barloewen conduit le lecteur de rencontre en visite, de discussion en découverte, dans un périple à mille lieues du tourisme, qui cherche à faire apparaître par touches successives l’identité malgache, complexe, multiple, œcuménique.

Illustration concrète d’une anthropologie poétique, ce récit est à mi-chemin entre la littérature de voyage et l’étude de terrain d’un homme fasciné par l’objet de sa recherche. Un voyage en quête de la Fanahy Fanahendrena, la sagesse millénaire malgache.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
Anthropologie de la mondialisation (2003) Portraits croisés. Quatre approches de cultures comparées (2004)  
Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

Constantin von Barloewen ouvre un dialogue au-delà des siècles et des disciplines, de l’art et de la politique, entre quatre érudits : Alexis de Tocqueville, l’historien, Michel Leiris l’anthropologue, V.S. Naipaul l’écrivain, Pierre Verger le photographe et ethnologue. Bien que séparés dans le temps et d’origines différentes, ils restent à ses yeux proches les uns des autres.

À travers une relecture inédite de l’œuvre maîtresse de Tocqueville, de la démocratie en Amérique jusqu’aux romans de Naipaul ou aux parcours de Michel Leiris et Verger, Barloewen met en lumière une « anthropologie comparative et humaniste ». Il voit en effet en ces quatre personnalités les éclaireurs d’une société pluraliste, ouverte, interactive, visant l’édification d’une éthique mondiale.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
Voyage à Madagascar (2003) Anthropologie de la mondialisation (2003)

Aucune ville n’a autant perturbé le cours de l’histoire. Sans eau ni terre fertile, sans valeur stratégique, Jérusalem ne semble avoir eu d’autre fonction que de brouiller les cartes pour forcer les hommes qui la désirent à toujours plus de violence. Le pari d’Ugo Rankl a été de vivre au quotidien de gens étonnants, attachants et révoltants, mais aussi d’emmener le lecteur dans des lieux insoupçonnés. Cette enquête inédite, riche apporte un nouvel éclairage sur cette ville qui constitue un enjeu incontournable dans le processus de réconciliation entre Palestiniens et Israéliens.

 
Le roman est disponible dans une nouvelle édition Poche
 
Traduit du bulgare par Marie Vrinat

Mères prend racine dans la Bulgarie postcommuniste. Les destins de sept adolescents, élèves dans le même lycée, se croisent dans le chaos qui les entoure et les désarrois familiaux. Ils sont en « mal de mère ». Andreia, Lia, Dana, Alexander, Nicola, Deyann et Kalina vivent ainsi chacun à leur manière les souffrances de l’enfance ou la démission des parents. Le rêve d’une vie meilleure est incarné par Yavora, leur nouveau professeur, qui sait écouter et panser toutes les plaies. Et surtout garder espoir, malgré tout.

Mères a été inspiré à Théodora Dimova par un fait divers d’une violence inexplicable dans un lycée bulgare. Le roman suscite ainsi des questions d’une terrible actualité. Comment être mère lorsqu’on a été soi-même brisée par l’arbitraire? Ou encore lorsqu’on a eu un enfant pas vraiment désiré?

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
Adriana (2008)  
Traduit du roumain par Laure Hinckel

Publié en 1930 en roumain, ce roman est considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature du XXe siècle. Sur fond de Première Guerre mondiale, le jeune Stefan vit une histoire d’amour passionnelle avec Ella, qui deviendra ensuite sa femme. Leurs relations évoluent et un jeu de passion folle et de jalousie s’installe. Chaque geste d’Ella devient un cataclysme dans la conscience du narrateur. Il vit son ultime nuit d’amour dans les méandres de la jalousie et commence alors la première nuit de guerre.

Amour fou, jalousie et trahison trouvent leur dénouement pendant la campagne militaire. Inoubliable et obsédante passion amoureuse, Dernière nuit d’amour, première nuit de guerre dévoile l’univers proustien de Camil Petrescu, qui s’impose comme un des plus grands auteurs de son pays.

Il s’agit de la première traduction française.
Huit leçons sur la désinformation

Les phénomènes de désinformation sont devenus aujourd’hui partie intégrante du système de repères de nos sociétés. Une arme nous poussant à favoriser nos adversaires les plus implacables au détriment de nos alliés. Paradoxalement, à cause de sa propension au débat politico-philosophique médiatisé, la France est l’un des pays les plus exposés à la désinformation.

Depuis Sun Tzu et Machiavel, le concept et la chose ont toujours hanté la pensée. On peut la décrire comme une distorsion intentionnelle entre la réalité et sa perception par un public cible. Sa force et subtilité résident en ce qu’elle mêle insidieusement vérité et mensonge pour conditionner les esprits et manipuler l’opinion. Construite à partir de données souvent véridiques et vérifiables, la désinformation les structure de façon tendancieuse et leur applique une grille de lecture implicite qui tronque et déforme la connaissance et l’analyse des faits. Le massacre des harkis, les tortures en Irak, les banlieues en flammes, les exemples ne manquent pas. Plus saisissant encore, Le Cercle des poètes disparus, film à grand succès, puissant agent de désinformation faisant appel à l’image pour diffuser un message politique totalitaire.

Ce sont là quelques-uns des événements qui résonnent profondément en nous. Et de ce fait, ils amplifient l’effet des processus désinformants qui s’y attachent. C’est ce que Bruno Lussato expose magistralement dans ces « huit leçons ».

Traduit du bulgare par Marie Vrinat

Adriana est l’éblouissant portrait peint par Théodora Dimova d’une femme âgée. Blasée par l’argent, elle est poussée par l’ennui et la solitude jusqu’à la déchéance. Ayant commis l’irréparable, Adriana passera le reste de sa vie dans l’attente d’un « sauveur » qui puisse lui offrir sinon la rédemption, du moins un semblant d’harmonie. La flamboyante Ioura, jeune femme qu’elle finit par rencontrer, pourra-t-elle la comprendre? Les voix et les vies se mêlent. La vieille dame sait se raconter sans complaisance, évoquer ce qu’elle fut et la tragédie qui la hante. Entre Adriana et Ioura naissent une admiration et une affection qui rendront plus doux le départ de la vieille femme.

Traduit du roumain par Dominique llea
« L’Amant de la Veuve » de Radu Aldulescu est la chronique des tribulations de Mite. Ce cœur de velours à la poigne de fer,  accumule, infatigable, les expériences dignes des plus glorieux héros picaresques. Il parvient tout de même à la vitalité de sa jeunesse. Né sous une bonne étoile, il fugue dès l’âge de douze ans, devient boxeur puis homme-grue dans une usine de peinture. Il trouve néanmoins son bonheur.  
Il est nécessaire d’espérer pour entreprendre. Penseurs et bâtisseurs

Certains hommes sont porteurs d’une ferveur communicative. Penseurs et bâtisseurs: tels furent, parmi d’autres, Jean Monnet, Raymond Aron, Louise Weiss ou Laurent Schwartz. Des personnalités exceptionnelles dont les parcours démontrent un profond sens de l’Histoire ainsi que la fécondité du rapport entre la pensée et l’action.

S’appuyant sur ces figures exemplaires, Thierry de Montbrial décrypte les enjeux politiques et culturels du XXème siècle et se projette dans le siècle suivant. « Il est nécessaire d’espérer pour entreprendre ». Cette certitude, reflet de son itinéraire intellectuel et de son expérience internationale, l’auteur l’applique notamment à la construction européenne, le projet selon lui le plus ambitieux du siècle passé et qui préfigure le monde à venir. Récusant l’idée de fossé infranchissable, Thierry de Montbrial réinterprète les notions de culture ou d’identité et propose une vaste réflexion sur l’aventure humaine.

L’Argent et le travail est une réflexion, d’une étonnante actualité, sur l’argent comme fait de société, où assurément celui-ci est désigné comme symptôme et moyen d’asservissement, mais qu’il convient de replacer dans un mécanisme plus général de violence exercé par les uns contre les autres. La ville et ses accumulations parasitaires n’en sont que l’ultime manifestation, la plus perverse, la plus criante, la plus injuste. Le travail manuel devient alors une nécessité vitale et la seule vraie valeur traditionnelle.

Le problème central, selon Tolstoï, est donc l’argent : en théorie, il devrait représenter le travail, dans la réalité il n’est que le signe conventionnel qui donne le droit ou le moyen de profiter du travail d’autrui. Tolstoï distingue dans l’histoire de l’humanité trois formes de servitude : l’esclavage personnel imposé par la violence ; l’esclavage imposé par la faim et, enfin, l’asservissement par l’impôt, caractéristique des systèmes monétaires et du despotisme centralisé.

Dans ces conditions, que faire ? Retourner à la campagne, donner son argent et se débarrasser ainsi de la source du mal ? Supprimer les villes, foyers de parasites où le plus riche appauvrit le plus démuni ? Se mettre au travail, en supprimant tous les facteurs d’inégalité, en se rapprochant de la production réelle en vue d’une société fraternelle ? Les deux textes rassemblés ici sous le titre L’Argent et le Travail ont été publiés pour la première fois en 1892. On y découvre l’homme et l’écrivain contestataire, engagé, conscient des contradictions dues à sa propre condition. Ses réflexions trouvent un écho prophétique et visionnaire dans les grands bouleversements politiques du XXe siècle. Et leurs bases dans les secousses économiques du XXIe siècle.

Du même auteur aux Éditions des Syrtes:
La Sonate à Kreutzer (2010)
Préface de Michel Onfray

La provocation est l’essence de la modernité. Les révolutions qui ont accouché du monde moderne ont marqué les étapes d’une décadence d’autant plus inexorable qu’elle a pris le visage du progrès. Le principe totalitaire est  donc aussi universel que la présence en chacun de nous du « tiers inclus ». A savoir l’espionnage des âmes exercé par un pouvoir inquisiteur qui s’installe à l’intérieur même des consciences. Ce principe tire son origine de la promesse du Christ de ne jamais quitter ses disciples.

Prenant appui sur l’affaire Azef, emblème de la provocation à la veille de la Première Guerre mondiale, déconstruisant un faux antisémitisme pour décrypter le mécanisme d’une intoxication de masse, guidé par Vassili Rozanov qui a posé les jalons de la « théologie de la provocation » en la mettant lui-même en pratique pour mieux en dénoncer les tenants et les aboutissants, Gérard Conio chemine à travers les grands bouleversements intellectuels de la culture russe pour dénoncer une vérité occultée: l’essence de la provocation est dans l’inversion des valeurs. Et les catastrophes qui ne cessent d’ébranler le monde au nom de la démocratie et des « droits humains » sont la meilleure preuve de cette mystification. Phénomène qui s’appuie sur les grands sentiments pour nous fermer les yeux sur des vérités que nous refusons de voir.

Entretiens avec Gérard Conio: cliquez ici.