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répression
Publiés aux éditions des Syrtes
Postface de Nikolaï Kirillovitch Golovkine
Conçu dans les années 1960 par Irina Golovkina et diffusé sous le manteau, Les Vaincus est publié pour la première fois en 1992 avant de connaître un immense succès. Roman de la tragédie russe après les événements de la dictature bolchevique, il évoque les derniers feux d’une noblesse héroïque et d’une intelligentsia idéaliste. Le lecteur suit les destins entrelacés d’une illustre famille et d’une foule de personnages dans leur quotidien harassant. Vente de maigres biens pour survivre, car le travail leur est interdit, assignation à résidence, prisons ou camps. Poursuivis par la Guépéou, exilés, persécutés, exécutés, aucun n’échappera au rouleau compresseur soviétique. Ce sont des individus aux abois, traqués par les dénonciations, les interrogatoires et les arrestations arbitraires. Mais Les Vaincus est aussi une sublime histoire d’amour, celle d’une princesse en haillons, et le lecteur, est emporté par l’émotion que suscite ce drame puissant. Cette saga fleuve remarquable et bouleversante est traduite ici pour la première fois en français.
Le monastère féminin de la Présentation de la Vierge au Temple d’Orel, fondé à la fin du XVIIe siècle, a longtemps été l’un des plus importants de Russie. Sa riche histoire est le reflet de la vie spirituelle de l’ensemble de l’Église orthodoxe russe. Il a été fermé par le pouvoir communiste en 1923, saccagé puis détruit ; les moniales et les prêtres ont connu la prison, la déportation ou la mort. Le monastère renaît à partir de 1993 et débute alors un minutieux travail de récupération de son histoire. C’est ainsi qu’émerge peu à peu la figure de mère Alexia, la dernière higoumène. L’artisan de cette reconstitution est le docteur Jean Liamine (1932-2024), petit-neveu français de l’higoumène, qui a exhumé et mis à la disposition des chercheurs ses riches archives familiales. L’étonnant parcours de mère Alexia (Alexandra Grigorievna Timacheva-Bering, 1866-1941) est celui d’une femme issue de la noblesse russe, enseignante et fondatrice d’un lycée pour filles à Moscou. Elle a prononcé ses vœux en 1917, après la mort de son fils, et en 1919 elle est nommée higoumène du monastère. Arrêtée plusieurs fois pour ses convictions religieuses, reléguée au Kazakhstan, elle meurt en prison en 1941. Son histoire, reconstituée à partir de ses lettres, carnets et documents judiciaires, photographies inédites ou souvenirs des derniers témoins, révèle une femme dont la foi est restée inébranlable face à la répression. Son destin se confond avec celui de nombreux martyrs, victimes de leur fidélité religieuse. Cet ouvrage permet aujourd’hui au lecteur d’entendre cette voix qui nous parvient avec toute sa puissance et sa conviction.