Irkoutsk en Sibérie, les années 2000 : une jeune fille russe est violée par un Caucasien. Corrompue, la justice des hommes ne pourra pas lui rendre son honneur. La mère, Tamara Ivanovna va alors se venger elle-même dans un geste désespéré. Le châtiment de Tamara trouvera son écho dans les mésententes et préjugés des êtres pris dans la tourmente du destin.
Au fil des pages, le roman fouille la douleur et la blessure profonde d’une femme et d’une famille. Mais également l’impuissance des hommes dans une société marquée par le sceau de l’Histoire. Conte moderne aux accents tragiques, L’Honneur de Tamara Ivanovna est aussi une vision de la Russie d’aujourd’hui, avec sa morale pessimiste d’un monde chaotique sans règles, et dans lequel on ne se reconnaît guère. Avec son profond humanisme et sa voix singulière, la valeur du roman tient indéniablement à son style dosant habilement les tournures anciennes et le parler populaire. Ce qui fonde un peuple c’est sa langue, et Valentin Raspoutine démontre qu’il sait tirer parti avec talent de sa richesse.
L’auteur puise son inspiration dans une réalité bien présente dans la Russie post-communiste. Un univers qui, en recouvrant sa liberté longtemps figée, a également perdu une partie de ses repères. La ville d’Irkoutsk est en effet devenue un point de rencontres mafieuses où la corruption devient loi.
Mage, guérisseur, homme de Dieu, ou imposteur, intrigant et espion ? Un siècle après sa mort, Grigori Efimovitch Raspoutine (1863-1916) ne cesse d’intriguer les historiens et le large public. Sa personnalité peu commune et son rôle supposé dans la chute de l’empire russe ont inspiré romanciers et dramaturges. On lui a en effet souvent attribué un rôle qui n’était pas le sien. La culture populaire en a fait un « moine fou », un « hypnotiseur » qui a précipité la Russie dans l’horreur de la guerre civile. Les bolcheviks le tenaient pour le symbole pouvoir tsariste corrompu. Mais qu’en est-il en vérité ? L’ouvrage du général Spiridovitch plonge au coeur des événements qui ont conduit à l’assassinat de Raspoutine. L’auteur a en effet instruit l’affaire depuis le début, rassemblant les pièces du puzzle, interrogeant tous les protagonistes, les proches du « starets » comme ses ennemis les plus acharnés, faisant de son enquête méticuleuse un véritable roman.
Cet ouvrage, le plus complet et le plus proche des événements tels qu’ils se sont passés, écrit par le chef de la sûreté secrète de Nicolas II, permet au lecteur de comprendre « l’incroyable aventure de ce simple moujik sibérien qui réussit à capter la confiance des souverains russes et à la garder, malgré toutes les attaques, jusqu’à son assassinat par le prince Ioussoupov » (M. Bénouville).