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migrant
Publiés aux éditions des Syrtes
La Fatigue du matériau est LE roman de la migration. Une géographie de la peur qui exhorte ses lecteurs à se mettre dans la peau d’un migrant. Ici pas de réflexion politique, économique ou jugement moral, car “c’est un livre volontairement physique, chaque phrase interpelle le lecteur, et l’oblige à vivre avec le héros”. La force du roman du prometteur écrivain tchèque, Marek Šindelka, tient dans le fait que le lecteur ne consomme pas l’histoire mais la vit profondément, emporté dans le froid, la faim, l’angoisse et le désespoir de ce que l’auteur appelle “la conscience noire de l’Europe”. Sans nom, sans pays, sans destination, les héros deviennent les archétypes du migrant. Deux jeunes frères fuient clandestinement leur pays, après la disparition de leurs parents dans un bombardement. Ils arrivent ainsi séparément en Europe où ils ont prévu de se retrouver. Ce sont alors deux périples qu’entreprend le lecteur dans ce récit court, intense et haletant, au gré des épreuves que traversent les deux frères, dans l’espoir de se voir accorder un nouveau droit à l’existence. Il faut fuir et se cacher, trouver à manger, tenter de se repérer, avancer. Le monde se révèle à travers le prisme de l’angoisse, nous faisant vivre une véritable expérience physique et humaine. Mus par la force du lien fraternel et par la volonté de ne jamais se laisser humilier, Amir et son frère doivent tenir malgré la « fatigue du matériau », c’est-à-dire l’usure extrême du corps. Un puissant remède contre la déshumanisation.
Également disponible en version électronique
L’Homme qui apporte le bonheur, de l’écrivain zurichois Cătălin Dorian Florescu, est une saga qui se déroule sur deux continents et trois générations. Deux voix alternent pour raconter tour à tour l’histoire familiale de Ray à New York et celle d’Elena dans le delta du Danube, en Roumanie. La première déroule l’histoire d’un enfant des rues dans le New York du début du XXe siècle, où se bousculent les migrants chassés par la pauvreté et la famine d’Italie, d’Irlande ou d’Europe de l’Est. C’est un monde de débrouille, dans lequel un jeune orphelin gagne sa vie en vendant des journaux et en cirant des chaussures. Il rêve de devenir un grand chanteur, mais en attendant la gloire, il « apporte le bonheur » tantôt à ses amis, tantôt à des jeunes femmes paumées qui rêvent d’une vie meilleure. La deuxième voix emmène le lecteur dans un endroit méconnu, tout à l’est de l’Europe, le delta du Danube. Une région rude, soumise aux croyances et aux superstitions, dépendant du fleuve qui apporte aussi bien la vie que la mort. La narratrice revient sur les circonstances de la naissance et le destin tragique de sa mère, atteinte de la lèpre et qui est enfermée dans la dernière léproserie d’Europe, un lieu isolé, oublié de tous. Le récit à deux voix, les multiples rebondissements, l’écriture limpide, souvent d’une grande poésie font de L’Homme qui apporte le bonheur un roman à la fois bouleversant et lumineux.  Un hymne fulgurant à la grandeur de la vie et un voyage inoubliable !
Également disponible en livre numérique.