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Koutiepov
Publiés aux éditions des Syrtes

Le général Koutiepov (1882-1930) occupe dans la mémoire de l’émigration russe blanche une place bien à lui, à la fois unique et presque banale. Simplicité, rigueur morale, courage, intelligence immédiate des situations et des faits concrets, autorité naturelle, constance, honnêteté scrupuleuse, amour viscéral du peuple russe, fidélité aux valeurs éternelles de la Russie… Sa personnalité semble aussi largement se retrouver dans le type caractéristique de l’officier russe. Amoureux d’une patrie idéale, il est en fait proche de son peuple et de ses hommes. Ce général est prêt à servir son pays avec simplicité et abnégation. La grande littérature russe, depuis Pouchkine, fourmille d’ailleurs de personnages qui rappellent Koutiepov.

L’un des agents soviétiques qui avaient participé à son enlèvement en janvier 1930 lui a d’ailleurs rendu un bel hommage en affirmant qu’il était le « principal générateur d’idées et le chef incontesté des officiers de l’émigration, surtout des plus jeunes. C’était une idole pour la jeune génération des officiers blancs ».

Nicolas Ross, spécialiste de l’histoire russe, fait ainsi revivre sous sa plume cette figure incontournable d’une période charnière de la Russie.

Le 26 janvier 1930, enlevé en plein Paris par des agents soviétiques, disparut à jamais le général Koutiepov. Il était le chef de l’Union militaire générale russe (ou ROVS), la plus importante des organisations d’anciens combattants russes émigrés. Il fut remplacé par le général Miller. La même année, le 10 septembre, fut également recruté par les services secrets soviétiques le plus brillant de leurs agents infiltrés chez les Russes blancs, le général Skobline – aux yeux de beaucoup exemple idéal du chef blanc héroïque. Skobline reçut pour mission d’accéder à des fonctions de responsabilité dans la ROVS et d’amplifier en sous-main les conflits entre ses principaux responsables. Le 22 septembre 1937, avec la participation de Skobline, Miller était à son tour enlevé à Paris. Il fut ensuite détenu à la prison du NKVD à Moscou et exécuté le 11 mai 1939. Ce livre de Nicolas Ross, écrit d’une plume légère et qui fait suite à son Koutiepov publié par les éditions des Syrtes en 2016, décrit les dernières péripéties du combat des Russes blancs en ces années d’avant-guerre. Alors qu’ils n’avaient pas encore perdu l’espoir de combattre en Russie l’ennemi bolchevique et de revenir un jour, vainqueurs, dans leur patrie bien-aimée.