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Gorki
Publiés aux éditions des Syrtes
  Près de dix mille lettres de la main de Maxime Gorki sont conservées par les archives de l’Institut de la littérature mondiale de Moscou. La présente correspondance inédite entre l’écrivain et ses fils représente 216 lettres échangées entre 1901 et 1934. Les deux fils de Gorki ont connu des destins singuliers et contraires : Maxime, son fils légitime, né en 1897, a vécu séparé de son père. Adolescent dissipé, passionné par les avions, il jouit pleinement de son époque. Il adhère au parti bolchevique, participe à la prise du Kremlin en 1917, se rapproche de Lénine et rejoint la Tcheka, mais décède mystérieusement en 1934. Son fils adoptif, Zinovi (Yechoua Sverdlov de son vrai nom, 1884-1966), après avoir été le secrétaire de Gorki, mène une vie d’aventurier et voyage à travers le monde. En 1914 il intègre la Légion étrangère, est gravement blessé en 1915 et mène une brillante carrière de militaire puis de diplomatie en France. Cette correspondance révèle une facette méconnue de la personnalité de Maxime Gorki, qui a entretenu des relations fortes avec ses fils. Elle dévoile son intimité au-delà du mythe forgé par la propagande soviétique. On y trouve des conseils d’éducation ou de lecture, l’humour et la poésie d’un père aimant qui tente de transmettre à ses fils ses valeurs d’humanisme et de travail. Il partage aussi ses pensées les plus critiques sur le siècle, la guerre et la révolution, sa vision du monde et de la littérature. Au fur et à mesure, correspondance privée et engagement de l’écrivain se rejoignent : Gorki dénonce le caractère prématuré et brutal de la révolution, la liberté d’expression ou les répressions. Si les échanges avec son fils légitime Maxime ont un ton plus intime, avec Zinovi, son fils adoptif, des désaccords surgissent notamment sur ses errances ou son engagement militaire. La liberté de l’expression et la sincérité qui y préside éclairent la personnalité de l’écrivain, ses convictions et ses égarements.
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Le Bourg d’Okourov
Dans le bref roman qu’est Le Bourg d’Okourov, c’est la vie dans la Russie provinciale qui est la cible de la plume acerbe de Maxime Gorki. Cette petite ville imaginaire, pensée par l’écrivain comme un creuset pour y placer ses personnages et en examiner le destin tragique, est partagée en deux par la rivière Poutanitsa : d’un côté les riches commerçants, les bourgeois et les notables, de l’autre, le faubourg où vivent les ouvriers et les humbles.  Depuis toujours, les habitants s’observent, les pauvres envient les riches et les riches se méfient des pauvres. Le seul endroit où tous se côtoient est la maison close, le « Paradis de Felitsiata ». Mais, en 1905, l’atmosphère se charge petit à petit des idées de « liberté », de « réformes », et les faubouriens sont séduits par les perspectives de changement, ce qui n’est pas sans avoir des conséquences sur le paisible bourg d’Okourov.  La langue de Gorki est savoureuse, à l’image de ses personnages : créative, riche, spontanée, parsemée de dictons, jurons et bons mots. Son talent littéraire s’illustre une fois encore grâce à ce récit vif, pittoresque, au langage dru et aux héros insolites. Mais Le Bourg d’Okourov se fait aussi bien l’écho des idées révolutionnaires de son auteur, de plus en plus proche des idées bolcheviques.
Du même auteur aux éditions des Syrtes
Gorki et ses fils, correspondances (1901-1934)