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découverte
Publiés aux éditions des Syrtes
 
Cette corde qui m’attache à la terre renferme tout un univers, celui d’un village moldave à l’époque soviétique, qui tient dans les paumes d’une petite fille.
Le monde que cette enfant découvre ne lui plaît pas du tout, ce qui la pousse à vouloir s’en échapper à tout prix. Tout ce qu’elle fait a donc pour but de préparer son départ pour le grand monde, celui de ses rêves : rédaction et distribution de billets amoureux en échange de quelques kopecks, vente de bouteilles de vin avec ajout d’une petite taxe pour ses économies… Son univers est peuplé de personnages fascinants tels que tante Muza, oncle Ștefan (qui a le regard de celui qui a fait la guerre), la vieille Dochia (la guérisseuse qui guérit les chagrins des autres avant de soigner le sien), nana Raia (la bibliothécaire dont toute la famille a été envoyée en Sibérie). La voix solaire et tempétueuse de la petite fille nous accompagne au fil des pages, et Lorina Bălteanu retranscrit admirablement la solitude, les angoisses et les réflexions obsessionnelles, à la fois naïves et matures de cette enfant. Un très beau roman d’apprentissage sur l’enfance, le passage à l’adolescence, la relation à la famille et à la communauté. Mais Cette corde qui m’attache à la terre est surtout un livre d’une grande sensibilité, qui porte en lui une petite musique profonde, drôle, délicate, inoubliable. Également disponible en livre numérique.

Préface de Dominic Lieven

À la suite des troubles révolutionnaires de 1905-1906, le tsar Nicolas II, qui traversait alors une phase plus libérale, charge, le 18 juin 1908, le comte Konstantin de Pahlen de conduire une enquête sénatoriale exhaustive sur le Turkestan russe. Il s’agissait de la partie sud-est de l’Empire, sous domination russe depuis le XIXe siècle et qui couvrait une grande partie de l’Asie centrale actuelle, depuis l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, le Kirghizistan jusqu’au sud du Kazakhstan. D’un côté, la Russie cherchait à imposer dans la région sa politique coloniale, ses propres structures sans tenir compte des organisations préexistantes ; de l’autre, les responsables locaux feignaient d’agir pour le bien public tout en s’enrichissant. Le récit de voyage de Konstantin de Pahlen foisonne de détails sur la région et ses habitants. On ressent sa sympathie pour les populations locales qu’il s’efforce de protéger. C’est également une source précieuse sur le mode de fonctionnement des autorités sur place. Il admire la patience des populations musulmanes, leur sens du partage. La condition des jeunes filles vendues en mariage par leur père depuis l’enfance suscite chez lui des critiques répétées. Pendant un an, il inspecta l’ensemble de l’administration régionale pour combattre la corruption. À la suite de ses investigations plusieurs fonctionnaires furent arrêtés et condamnés. Il rédigea ensuite un mémorandum en vingt et un volumes dans lequel il préconisait des réformes. Elles n’aboutirent jamais et de Pahlen renonça au poste de secrétaire d’État lié qui lui fut proposé. Mission au Turkestan a été rédigé en 1922. Il est paru pour la première fois en 1964, en anglais et en 1969 a été publiée sa version allemande.