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culpabilité
Publiés aux éditions des Syrtes

Publié en 1905, Le Gouverneur de Leonid Andreïev met en scène un gouverneur de province, homme intègre et dévoué, qui, par peur et incompréhension, ordonne la répression sanglante d’une manifestation populaire, causant la mort de civils. Bouleversé par ce drame, il sombre dans une profonde détresse morale, tiraillé entre sa conscience et son devoir. Il subit la haine du peuple et se retrouve prisonnier d’un système qui le dépasse, illustrant la fatalité et l’impuissance de l’individu face aux forces sociales et historiques. Le style d’Andreïev est marqué par l’intensité émotionnelle et une atmosphère oppressante. À travers des images fortes, et un rythme haletant, Andreïev critique la brutalité du régime tsariste et interroge la solitude, la culpabilité et la tragédie du pouvoir.

 

EN LIBRAIRIE LE 3 AVRIL.

Innocence et Châtiment d’Ivo Andrić réunit six nouvelles qui explorent avec une sensibilité rare les thèmes de l’enfance, de la culpabilité et de la faute injustement subie, thèmes chers à Ivo Andrić. L’innocent – au sens propre comme au sens figuré, car qui mieux qu’un enfant symbolise l’innocence ? – se trouve désemparé, angoissé devant la faute qu’il n’a pas commise mais dont il lui faut néanmoins endosser la responsabilité : devant le mal qui l’agresse, devant la mort qui pèse sur lui de toute son écrasante présence et qui, en dernier lieu, apparaît comme l’unique issue d’une situation inextricable. Chacune des nouvelles met en scène un enfant encore pur, naïf, confronté à la peur, aux difficultés, aux cauchemars, à la violence aussi. Un événement va le transformer, souvent le durcir, le culpabiliser. Il s’agit de ces « incidents minimes, invisibles et néanmoins funestes qui brisent ces petits d’hommes que nous nommons des enfants, et que nos aînés, tout à leurs propres soucis, vivent sans problème, ou même sans s’en rendre compte ». Chaque mot est juste, pesé, et rend admirablement les angoisses, les pensées intimes de ces enfants malmenés par la vie ou dans l’incompréhension du monde des adultes. Écrites entre 1946 et 1960, ces nouvelles montrent la finesse d’Andrić dans l’art du portrait et la suggestion, et annoncent l’importance qu’il accordera toute sa vie à la responsabilité humaine, à l’ambiguïté morale et à la frontière trouble entre innocence et faute. Comme souvent chez Andrić, la dimension psychologique et la précision ethnographique s’allient à une réflexion sur la fragilité des individus face aux forces collectives.