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Essais littéraires
Publiés aux éditions des Syrtes
Sous la direction d’Andras Kányádi
La présence du jeu royal dans les belles lettres est inestimable. Depuis l’apparition des échecs en Inde, les textes littéraires ne cessent de s’y intéresser sous les angles les plus divers. Ce recueil thématique comporte dix-huit études portant sur les littératures de l’Europe médiane, cet espace à géométrie variable que l’on situe entre les pays germanophones et russophones, et dont les limites poétiques échiquéennes pourraient être tracées entre Stefan Zweig et Vladimir Nabokov. La variété des genres y est à l’honneur, notamment avec les poèmes de Constantin Cavafy, d’August Šenoa et de Nichita Stănescu, le théâtre de Eino Leino et de Vinko Möderndorfer, les nouvelles de Sławomir Mrożek et de Milorad Pavić, ou encore les romans d’Icchokas Meras et de Patrik Ouředník. Et si l’apocryphe de Frigyes Karinthy est complété à merveille par le conte de Sholem Aleichem, l’expérience des camps staliniens albanais et bulgare, le fantastique estonien et ukrainien ou encore les parties lettone et slovaque de la condition humaine instaurent un dialogue fructueux entre les différents textes, mettant au jour les spécificités historiques, politiques, sociales et identitaires de l’espace et de ses acteurs. Les auteurs des études sont des universitaires, enseignant pour la plupart à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), spécialistes d’une ou de plusieurs aires culturelles.
conservatoire Rachmaninoff Paris Syrtes Barillot
LAURÉAT DU PRIX CONSUELO DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE 2025
  En 1924, compositeurs, chanteurs et danseurs, professeurs des Conservatoires de Moscou et de Saint-Pétersbourg, princes érudits ou simples anonymes fondent dans la Ville Lumière un nouveau conservatoire. Avec une idée fixe : perpétuer la tradition de l’École russe, l’héritage de leurs ancêtres, avec abnégation et panache. Au fil du temps, cette institution, qui a pris le nom du célèbre compositeur Serge Rachmaninoff en 1953, est devenue bien plus qu’un simple conservatoire : un centre culturel des Russes en exil en même temps qu’un lieu d’accueil véritablement fédérateur et emblématique de la capitale. L’épopée des personnages de ce récit, illustres ou oubliés, ressemble à un conte. Habile combinaison entre l’histoire de l’émigration russe et des fragments plus intimes de la vie du Conservatoire, le livre explore les moments marquants de son existence, tels que sa fondation, les concerts mémorables et les moments partagés par la communauté russe. Serge Rachmaninoff, Serge Prokofieff, Fiodor Chaliapine ou Serge Lifar – tous ces grands noms ont imprimé de leur personnalité et leur enseignement l’histoire de ce lieu. Avec de nombreux anonymes ils ont ainsi pu surmonter l’épreuve du déracinement et des difficultés de la vie. Dès le début, musiciens et danseurs de renommée mondiale se sont produits régulièrement, de Vladimir Horowitz en passant par Nathan Milstein, Gregor Piatigorsky ou, plus récemment, Evgeny Kissin et Nikolaï Lugansky. Un siècle plus tard, le Conservatoire russe reste un lieu vivant où des cours sont dispensés et qui accueille des rencontres musicales, littéraires et artistiques. Cet ouvrage est le fruit d’une exploration inédite des archives du Conservatoire Rachmaninoff, comprenant 30 000 partitions, dédicacées par de nombreuses personnalités artistiques telles que Darius Milhau, Francis Poulenc, Jules Massenet, Igor Stravinski, Anton Rubinstein, etc. Il contient également des centaines de photos, tableaux, lettres, télégrammes, poèmes, affiches de spectacles, dessins, cartes de membres, livres de compte, comptes rendus de réunions, laissez-passer, etc. Ces documents, regroupés dans 48 pages de cahiers photos, offrent un aperçu unique et captivant de l’histoire du Conservatoire, jusqu’alors inexplorée.