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Vladimir Korolenko

Fils d’un juge ukrainien et d’une mère polonaise, Vladimir Korolenko (1853-1921) est élevé dans des valeurs de tolérance, intégrité, probité et justice. Après des études à Saint-Pétersbourg et Moscou, il est arrêté pour activités révolutionnaires et exilé à Glozoff, dans le gouvernement de Viatka en 1879, l’année même de son début littéraire. Là, celui qui deviendra un grand écrivain se fait cordonnier, et, pour avoir eu des différends avec le commissaire de police, il doit s’éloigner encore davantage. Il est ensuite relégué à Perm puis dans la région de Iakoutsk. La vie dans la taïga sibérienne éveille ses forces de création et, par la suite, inspirera une série de ses plus beaux contes sur la vie sibérienne. Korolenko revient plein d’impressions nouvelles et acquiert la célébrité en publiant en 1885 Le Rêve de Makar et Croquis de Sibérie. Installé à Nijni-Novgorod, il devient un homme public engagé en faveur des démunis, intervient dans les procès, encourage les écrivains autodidactes (c’est lui qui découvre Gorki) ; puis dirige à Saint-Pétersbourg la revue La Richesse russe.
Véritable conscience de l’intelligentsia russe, il condamne avec force les excès de la révolution bolchevique dans Lettres à Lounatcharski (publié à Paris en 1922).
Korolenko connaissait mieux que quiconque le peuple, l’homme et la terre russes. Sa langue est vivante, puisée aux sources de la pensée populaire et son œuvre profondément sociale.

Publiés aux éditions des Syrtes
Dans un village perdu de la Iakoutie vit un homme malheureux et malchanceux : Makar. À la veille de Noël il se retrouve dans la Maison des Tatares, où trop d’hommes s’entassent pour boire. Makar, ivre mort, est jeté dehors. Revenu tant bien que mal chez lui et désagréablement accueilli par sa femme, il décide de partir en pleine nuit dans la taïga avec son cheval. Il tombe sur Aliocha, venu lui aussi visiter les pièges à renard. Ils se disputent une bête, qui en profite pour détaler. Dans la lutte, Makar perd son bonnet et ses moufles. Puis, il s’égare et, épuisé, meurt de froid. Mais Ivan, le vieux pope, mort quatre ans plus tôt, le réveille et le conduit devant le Grand Juge, afin d’évaluer sa conduite sur terre grâce à une grande balance qui a un plateau d’or pour les bonnes actions et un plateau de bois pour les mauvaises. Ce dernier penche dangereusement. Mais Makar, soudain inspiré, raconte sa pauvre vie et tous les malheurs qu’il a endurés... Le Rêve de Makar inaugure une nouvelle série de notre collection de Poche: les joyaux oubliés. Pourquoi publier des « Joyaux oubliés » ? Il y a des textes à ne pas oublier, des petits joyaux littéraires qui méritent d’être redécouverts. Avec cette nouvelle série, dans la collection « Syrtes Poche », nous souhaitons remettre entre les mains des lecteurs curieux des récits devenus classiques, anciens ou récents, dont les destins n’ont pas connu ceux de Tolstoï, Gogol, Krudy Kafka, Marai ou Čapek. Le Rêve de Makar de Vladimir Korolenko fait partie de ces textes et va inaugurer « Joyaux oubliés ».