Fils de prêtre orthodoxe, le père Serge Boulgakov (1871-1944) a d’abord été attiré par le marxisme. Il s’en détourne cependant rapidement pour être ordonné prêtre en 1918.
Expulsé de Russie quatre ans plus tard, il s’installe d’abord à Prague, puis participe à la fondation de l’Institut orthodoxe de théologie Saint-Serge à Paris. Il en prend un temps la direction et y il enseigne la théologie dogmatique jusqu’à sa mort. Nombre de ses œuvres ont été publiées en français (L’Orthodoxie, La Lumière sans déclin, La Philosophie de l’économie, Du Verbe incarné).
Publié aux éditions des Syrtes
Ma vie dans l’orthodoxie (2015)
Dans le tissu d’or des hymnes de la Semaine sainte, un fil vient troubler le regard. Une douloureuse dissonance fait irruption dans leurs harmonies célestes: l’image de l’apôtre félon. Nous en sommes comme malades pendant ces jours saints. Et l’Eglise ne ménage pas notre sensibilité, en accordant à Judas une place et une attention telles qu’il apparaît comme un des personnages centraux du mystère de la Passion, semblant même occulter les autres apôtres par son opposition au Christ. Judas, « serviteur et fourbe », n’est dans la poésie liturgique qu’un simple avare ayant vendu son Maître pour de l’argent.
C’est avec ces mots que le Père Serge Boulgakov, l’un des plus éminents théologiens du XXème siècle, débute sa réflexion à propos de la plus terrible trahison de l’Histoire. Mais, comme le note Nikita Struve dans sa préface, « on voit que Boulgakov se refuse à une condamnation sans rémission de Judas. Dans son repentir et dans sa mort volontaire, il voit un acte sacrificiel. Seul de tous les apôtres qui se disaient pourtant prêts à mourir avec le Christ, Judas, par le détour de la trahison, n’a pas survécu à la mort du Christ. Et d’envisager une rencontre de Judas avec le Christ dans l’au-delà. Une rencontre qui serait « non une éternelle réprobation, mais le triomphe de l’amour. »
Du même auteur aux Éditions des Syrtes: Ma vie dans l’orthodoxie – notes autobiographiques (2015)
Traçant d’une plume mélancolique les grands moments de sa vie, le Père Serge Boulgakov livre un témoignage unique sur ce que fut la grande catastrophe communiste pour de nombreux intellectuels expulsés de Russie. Les textes autobiographiques sont aussi complétés par un extrait de la correspondance du Père Serge. Ses lettres révèlent un homme accablé par son destin personnel ainsi que par celui de sa terre natale, mais aussi rempli de foi en la Sophia, la Sagesse de Dieu.