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Nadejda TEFFI

Nadejda Alexandrovna Lokhvitskaïa, plus connue sous le nom de Teffi (Saint-Pétersbourg 1872 – Paris 1952) est une écrivaine, romancière, satiriste russe.

En 1910 et 1911 (elle approche alors de la quarantaine), ses premiers recueils de « Récits humoristiques » connaissent un succès considérable. Elle est appréciée autant par les étudiants et les employés que par Sofia Tolstoï ou le Tsar Nicolas II.

Elle ouvre ses bras à la Révolution d’Octobre, déchante vite et part à l’étranger. Dans Souvenirs elle racontera cet épisode sous une forme romancée en mettant en scène un imprésario qui transforme la fuite en tournée.

En 1920, Teffi s’installe à Paris et retrouve un lectorat auprès de la nombreuse émigration russe. Vivant de sa plume, elle collabore à de nombreux journaux russes (lesquels ne manquent pas à l’époque). Elle est en outre une des habituées des dimanches soirs de Zinaïda Hippius et Dimitri Merejkovski.

Nadejda Teffi est l’une des auteures les plus lues par l’émigration russe entre 1920 et 1940.
Publié aux éditions des Syrtes:
Souvenirs, une folle traversée de la Russie révolutionnaire (2017)

Publiés aux éditions des Syrtes

Dix ans après son arrivée à Paris, la grande satiriste et humoriste russe Nadejda Alexandrovna Lokhvitskaïa, plus connue sous le nom de Teffi (Saint-Pétersbourg 1872 – Paris 1952) relate dans cet ouvrage son extraordinaire traversée de la Russie en pleine révolution. Sa prose toute en finesse dépeint, avec retenue, humour et délicatesse, le périple invraisemblable d’une troupe d’artistes quittant Moscou pour se produire en Ukraine, puis à Odessa, avant de fuir le pays dévasté.

Davantage qu’un reportage sur les événements tragiques d’un empire en décomposition, ce livre, véritable roman, est une allégorie poétique de l’exil, émaillée de portraits inoubliables. Les lecteurs se souviendront avec tendresse de ce périple.

Il s’agit en effet d’une oeuvre unique, une vision féminine, intime, lucide et drôle d’une tragédie au retentissement universel.

À Novorossiisk, tandis que le bateau qui l’emmène à Constantinople s’éloigne du quai, Teffi fixe sa patrie perdue. «De mes yeux grand ouverts jusqu’à être glacés. Je regarde. Sans bouger. J’ai transgressé ma propre interdiction. Je me suis retournée. Et voilà que, comme la femme de Loth, je me suis figée. Pétrifiée jusqu’à la fin des siècles, je verrai ma terre s’éloigner doucement, tout doucement.»