Konstanze von Schulthess, l’auteur de ce livre, a eu un début de vie inhabituel.
Nina épouse Claus von Stauffenberg le 23 septembre 1933. Cinq enfants sont nés de ce mariage : Berthold, Heimeran, Franz Ludwig, Valerie et Konstanze. Le cinquième enfant, Konstanze, est née en captivité, le 27 janvier 1945, à l’hôpital de Francfort-sur-l’Oder. Après que son père a tenté d’assassiner Hitler.
Elle a conçu son livre comme une lettre d’amour à sa mère décédée le 2 avril 2006, alors âgée de quatre-vingt-douze ans.
Le 21 juillet 1944, Nina, l’épouse de Claus von Stauffenberg, l’auteur de l’attentat manqué contre Hitler, informe ses enfants que leur père a commis une faute grave et qu’il a été exécuté pendant la nuit. Ils n’apprendront la vérité qu’à la fin de la guerre. Lorsqu’ils comprendront que le mensonge de leur mère les avait protégés.
« La famille Stauffenberg sera anéantie jusqu’à son dernier membre », annonçait Himmler, le 3 août 1944. Désormais, pour les familles des conjurés, il ne s’agissait plus de politique mais de survie. La « Sippenhaft », la politique selon laquelle toute la famille devenait complice des crimes commis par un des siens, signifiait que Nina et ses enfants seraient arrêtés, interrogés, et peut-être exécutés. Elle est arrêtée deux jours plus tard, et commence alors près d’une année d’isolement. Elle se retrouve dans les prisons SS, dans le camp de concentration de Ravensbrück et, enfin, dans les hôpitaux.
Ses enfants sont enlevés par les nazis et placés dans un orphelinat sous un faux nom, en vue d’être adoptés. Enceinte, c’est sans doute cet enfant à venir qui a épargné à Nina l’exécution ; elle a donné naissance à sa fille Konstanze en prison. Basée sur des entretiens, de nombreux documents, lettres et archives, mais aussi des histoires orales transmises de génération en génération, cette chronique familiale se confond avec la grande Histoire dans ses moments les plus tragiques.