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Jean-Paul PICAPER

Jean-Paul Picaper a été le correspondant du Figaro en Allemagne de 1977 à 2003. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment Nucléaire, l’Europe partagée, Ramsay, 2000, Sur les traces des trésors nazis, Tallandier, 1998 et Helmut Kohl, Fayard, 1996.

 

Publiés aux éditions des Syrtes

« Ce qui est terrible chez un enfant, ce n’est pas tellement de savoir qu’il n’est pas aimé, et pourtant c’est important, mais c’est de ne pas pouvoir aimer parce que ce noble sentiment est rejeté des autres. » Daniel, un des « fils de Boches.»

Mis au rancard de l’Histoire, les enfants oubliés du pacte d’amitié et de réconciliation franco-allemand veulent rompre le silence. Nés de liaisons clandestines entre des jeunes appelés de la Wehrmacht, l’ennemi, et des femmes d’un pays qui les accueillait malgré lui, ces « enfants maudits » ont grandi dans la honte. Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils témoignent ici pour la première fois. Beaucoup se sont lancés sur les traces du père disparu. Certains ont trouvé leur famille allemande en recourant aux services d’information des Archives de la Wehrmacht à Berlin, la WASt. Alors submergée de demandes, celle-ci a décidé d’apporter son aide à ces enfants maudits. D’autres par contre poursuivent inlassablement leur quête. Ce livre de Jean-Paul Picaper et Ludwig Norz est pour eux un espoir. Puisse-t-il trouver un écho… et permettre à ces personnes de vivre leur singularité avec plus de sérénité.

 

Dans Le Crime d’aimer, Jean-Paul Picaper nous plonge dans l’Allemagne de 1943 : les nazis sont en train de perdre la guerre. La présence de six à sept millions de travailleurs étrangers et d’au moins autant de prisonniers de guerre rend nerveux les dirigeants et leurs serviteurs qui se livrent alors à une chasse impitoyable « aux traîtres ». La machine judiciaire se durcit. La misère s’est installée, les bombardements continuels et l’omniprésence de la Gestapo et de la Feldgendarmerie créent un profond climat d’insécurité.

Le Reich cherche alors à s’immiscer dans la vie privée des citoyens. Les sbires d’Hitler, de même qu’une partie de la population civile bardée de « bons sentiments » et qui croit encore en la victoire, s’emploient avec zèle à dénoncer tel ou tel voisin pour une bagatelle qui peut prendre des dimensions incommensurables : la prison, le camp de concentration. Le flirt ou l’amourette d’une femme allemande avec un étranger relève du délit politique. Or, le parti réclame des exemples. Ces femmes sont des cibles commodes pour les appareils de répression. Il est donc facile de se faire bien voir en les dénonçant. Pourtant, à leurs risques et périls, elles aimeront l’ennemi.

 
EN RÉIMPRESSION.

Berlin, 9 novembre 1989… Le mur est ouvert. La République démocratique allemande ferme boutique. Son existence ne tenait qu’à un mur. Un mur qui n’était que la partie visible de l’iceberg. Dessous se cachait la Stasi, ce monstre tentaculaire de la guerre froide, cette police secrète à qui rien n’échappait. C’est dans son antre que nous emmène Jean-Paul Picaper.

Pendant près de trente ans, il a affronté à Berlin-Ouest et en RFA les agitateurs et désinformateurs stipendiés de la Stasi, déjouant ses traquenards à Berlin-Est et en RDA. Il a vécu aussi l’infiltration du mouvement étudiant des années 1960 et de divers organismes d’Allemagne de l’Ouest. Il a également contacté à maintes reprises des dissidents est-allemands et collaboré avec eux, menant sa petite guerre personnelle contre cette dangereuse organisation tout au long de la guerre froide. À partir de son expérience, de témoignages poignants, d’entretiens avec des espions et leurs victimes, il nous entraîne dans les arcanes du « meilleur service d’espionnage de l’histoire », et nous fait vivre le quotidien d’une dictature, mêlant à la fois l’analyse rigoureuse du politologue et la narration du journaliste. Un document rare.