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Ivan CHMELIOV

Ivan Chméliov (1973-1950) est, au même titre que Bounine et Nabokov, un génie de la littérature russe du XXe siècle. Après l’université, il passa plusieurs années comme fonctionnaire dans les provinces de l’empire. Il publia dans la prestigieuse Pensée russe des nouvelles qui furent remarquées et le firent entrer dans les milieux littéraires. En 1909, il entra dans le cercle littéraire moscovite Le Mercredi, où il côtoya entre autres Gorki et Bounine. En 1911, son roman Garçon! lui valut une nouvelle et très grande notoriété.
S’il vit avec enthousiasme la révolution de février 1917, qui répondait à ses préoccupations sociales, il rejeta fermement celle d’Octobre. Il s’installa en Crimée en 1918, où il vécut la terreur rouge et la funeste famine de 1921 à 1922. Il raconta ces événements dans le Soleil des morts, journal d’un homme qui est en quelque sorte son double, que beaucoup considèrent comme son chef-d’œuvre. Son fils, ancien officier, fut arrêté et fusillé en 1921. Chmeliov partit alors en exil et s’installa en France en janvier 1923.
Déraciné, en manque de reconnaissance comme la plupart des écrivains émigrés, il trouva cependant de nouvelles forces et se fit un devoir de témoigner des malheurs de la Russie. Il publia en 1923 Le Soleil des morts, qui fut salué par Thomas Mann et longtemps interdit en URSS.

Ignoré ou censuré sous le régime soviétique, il fut redécouvert comme beaucoup d’autres émigrés à la faveur de la chute du régime communiste à la fin des années 1980. Réhabilité dans la mémoire nationale, ses restes furent transférés en 2000 du cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois au monastère de Donskoï, près de Moscou, comme il l’avait lui-même souhaité.
Publié aux éditions des Syrtes
Le Soleil des morts (2001)

Le Soleil des morts (2020 – Syrtes Poche)

Publiés aux éditions des Syrtes
ÉPUISÉ. DISPONIBLE EN POCHE ICI.
Préface de Thomas Mann.
Postface de René Guerra
Ecrit en 1923, ce texte relate le dernier séjour des Chméliov en Crimée. Ce lieu de vacances paradisiaque transformé en spectacle apocalyptique par la terreur rouge, suivie d’une famine dévastatrice. Bouleversant hommage à la Russie martyrisée, d’une authentique poésie, cet ouvrage est sans nul doute l’un des chefs-d’oeuvre de la littérature russe.

La vérité du « Soleil des morts » est telle qu’elle déborde le cadre de la littérature. – Alexandre Soljenitsyne

Tenu par Thomas Mann pour un immense chef-d’œuvre, Le Soleil des morts est un récit autobiographique déchirant. Il retrace les mois vécus par Chmeliov en Crimée sous la terreur rouge après la défaite des Armées blanches. Le narrateur fait défiler le destin de ses habitants : intellectuels, ouvriers, paysans, Tatares ou Russes, hommes ou femmes, jeunes ou vieux tenaillés par la faim et la peur.  Dans ce livre, qui est en fait un journal, Chmeliov décrit comment la faim détruit progressivement tout ce qu’il y a d’humain dans l’homme, et la lente descente aux enfers de tout un monde, avec un sens poétique rare et une retenue qui donnent à ce texte une force unique.