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Éphrem de Philothéou et d'Arizona

Né dans une famille pauvre à Volos, Ioannis Moraïtis, le futur Géronda Éphrem, marqué par la piété ascétique de sa mère, il désire très jeune la vie monastique. À dix-neuf ans, il rejoint saint Joseph l’Hésychaste au Mont Athos. Il y vit douze années d’ascèse extrême : obéissance absolue, veilles nocturnes continues, unique repas après le coucher du soleil, silence strict, guerre contre les pensées. Ioannis est tonsuré en 1948 sous le nom d’Éphrem, devient diacre puis prêtre, et sert aussi comme cuisinier au milieu de conditions matérielles très dures.
Après la mort de saint Joseph (1959), Éphrem devient Ancien (Géronda) à son tour. Sa petite communauté grandit, déménage à Provata, puis, en 1973, est appelée à repeupler le grand monastère de Philothéou, où il rétablit la vie cénobitique. Sous sa direction, Philothéou se développe rapidement ; de là, il envoie des moines pour relever trois autres monastères athonites (Konstamonitou, Xèropotamou, Karakallou) et prend la direction spirituelle de plusieurs monastères féminins en Grèce.
En 1979, à l’occasion d’un séjour médical au Canada, il découvre la soif spirituelle des orthodoxes d’Amérique du Nord. Il commence à y revenir chaque année, confesse, conseille, puis, avec la bénédiction hiérarchique, fonde dix-huit monastères au Canada et aux États‑Unis (dont le grand monastère Saint‑Antoine en Arizona, où il finira ses jours, en 2019). Malgré des oppositions, il devient le principal père spirituel d’un vaste réseau monastique et de nombreux laïcs.

Publiés aux éditions des Syrtes

EN LIBRAIRIE LE 22 MAI

L’higoumène Éphrem (1928-2019) fut l’un des disciples du célèbre Joseph l’Hésychaste, canonisé en 2020. Il eut un grand rayonnement spirituel comme supérieur du monastère de Philothéou au Mont Athos (1973-1991), mais ce rayonnement manifesta tout son éclat quand il créa en peu de temps dix-huit monastères aux États-Unis et au Canada, où il apporta une aide à de nombreux moines, mais aussi à de nombreuses personnes vivant dans le monde que ses charismes attiraient. Les Conseils spirituels, qui ont connu en Grèce et aux États-Unis de nombreuses éditions et dont on trouvera ici une anthologie, reflètent la formation reçue de saint Joseph l’Hésychaste, mais aussi l’expérience personnelle de haut niveau du Père Éphrem. Dans son enseignement, celui-ci se montre rigoureux et exigeant. Mais on peut voir que dans ses lettres, où il se révèle le plus, il témoigne d’une grande compassion envers ses correspondants et s’associe facilement à eux avec humilité quand il s’agit d’évoquer leurs faiblesses et leurs besoins. C’est ce qui contribue à rendre ces lettres particulièrement touchantes. Le Père Éphrem s’adresse souvent à des moines ou à des moniales, mais les laïcs trouveront facilement dans ses propos des conseils qu’ils pourront appliquer avec profit.