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Andreï Biely

Andreï Biely (1880-1934) est le représentant le plus éclatant et le plus inclassable du symbolisme russe. Avec Alexandre Blok, il a contribué à fonder une nouvelle conception de la littérature comme recherche spirituelle. Très doué et instruit dans plusieurs disciplines dont les mathématique, les sciences naturelles, la philosophie,il était aussi musicien et dessinateur. Poète, prosateur, théoricien et philosophe, il est l’auteur, entre autres, du Pigeon d’argent (1910) ou Kotik Letaïev (1914). Salué par Mandelstam, Nabokov l’a placé immédiatement après Joyce et Kafka dans son panthéon personnel.
Publié aux éditions des Syrtes
Pétersbourg (2018)

Pétersbourg Poche (2025)

Kotik Letaïev (2021)

Publiés aux éditions des Syrtes
Suivi de Le « jeu cérébral », étude sur Pétersbourg par Georges Nivat
Tout Biely est à la jointure entre mort et naissance, entre naissance et mort, qui fait les très grandes œuvres. Pétersbourg est la n d’un monde, la possible naissance d’un autre, à peine entrevu, dessiné dans le brouillard de la ville la plus fantastique et la plus terroriste du monde. Aussi ce roman-poème nous poursuivra longtemps après la dernière page. Longtemps après que nous aurons laissé Nicolas Apollonovitch absorbé par la lecture du philosophe vagabond ukrainien qu’il lit après la bombe, après sa fuite en Égypte, après la mort du sénateur, retombé en enfance…
Un livre mirage, retombée de brouillard, retombée de mots qui persécutent. Georges Nivat
Épuisé en grand format, retrouvez Pétersbourg en livre de poche ou en version numérique

 

Un chef-d’oeuvre absolu de la littérature russe du XXe siècle et de la littérature de l’enfance Paru en 1917, Kotik Letaïev est une autobiographie poétique, épopée intérieure de l’enfance sur les trois premières années de la vie de son auteur, Andreï Biely. Le héros, Kotik (diminutif de Konstantin qui signifie également chaton) Letaïev est un enfant précoce qui, depuis son plus jeune âge est familiarisé avec les trésors de la culture. Un jour, poussé par une nostalgie toujours plus grande, il part vers l’inconnu. Le récit, à la première personne, a d’une part le charme naïf d’un discours enfantin au travers duquel se recompose la ville Moscou de la fin du XIXe siècle, et d’autre part l’inquiétant surréalisme d’un parcours initiatique conduisant sa victime par le dédale des mythes. Adepte de la théosophie de Steiner, l’écrivain, alors âgé de 35 ans, se sent revivre sa première naissance. Il couche cette expérience sur papier, avec comme résultat ce récit hors du commun, qui commence dès avant la naissance, dans le ventre de sa mère. Entre mythologies antiques et apprentissages prosaïques, l’exploration poétique du récit emprunte aussi bien à la spontanéité du langage enfantin qu’aux éblouissements imagés des mystiques et à la sémantique surréaliste. Kotik Letaïev devient le livre de chevet de la modernité russe, admiré par Pasternak, Nabokov ou encore Essenine. Dans ce poème radieux, Andreï Biely célèbre la mentalité d’un enfant qui s’ouvre à la vie et offre un chef-d’œuvre absolu de la « littérature de l’enfance », non sans rappeler Proust et Joyce dans les procédés littéraires. Le texte est accompagné d’une préface et d’une étude critique de Georges Nivat qui rassemble également en annexes des textes peu connus de Biely qui éclairent le lecteur sur l’oeuvre et l’auteur.
Du même auteur
Pétersbourg (2018)
Disponible également en version numérique
Pétersbourg, le chef-d’œuvre d’Andreï Biely et l’un des grands romans européens du XXe siècle, évoque les balbutiements de la révolution d’Octobre. Au centre du récit deux hommes, un père et son fils : Apollon Apollonovitch Ableoukhov, homme d’État occupant les plus hautes fonctions et Nikolaï Apollonovitch, étudiant en philosophie. Ce dernier a eu l’occasion de rencontrer des révolutionnaires (nous sommes en 1905) et reçoit l’ordre mystérieux de tuer son père. Il sort en plus d’une histoire d’amour malheureuse qui le pousse à des actes inconsidérés, intriguant et faisant peur en ville. Les mouchards et les agents doubles rôdent, rendant l’atmosphère encore plus trouble et fantastique… On parcourt la ville à cent à l’heure, et l’œil de Biely passe sur les choses sans jamais s’arrêter ; il lui arrive de trembler, de sortir du cadre, d’explorer les consciences des uns, l’inconscient des autres, et promener un regard prophétique sur l’Union soviétique… Inspiré par les événements de 1905 dans la capitale russe, écrit entre 1910 et 1913, publié en 1916 puis remanié en 1922, tout dans Pétersbourg est machination, suspense, effroi, infiltration, prémonition d’une apocalypse finale. Mais c’est aussi une épopée délirante, loufoque, grotesque, parfois à la limite du carnavalesque ; le plus souvent, simplement monstrueuse.