Pétersbourg, le chef-d’œuvre d’
Andreï Biely et l’un des grands romans européens du XX
e siècle, évoque les balbutiements de la révolution d’Octobre. Au centre du récit deux hommes, un père et son fils : Apollon Apollonovitch Ableoukhov, homme d’État occupant les plus hautes fonctions et Nikolaï Apollonovitch, étudiant en philosophie. Ce dernier a eu l’occasion de rencontrer des révolutionnaires (nous sommes en 1905) et reçoit l’ordre mystérieux de tuer son père. Il sort en plus d’une histoire d’amour malheureuse qui le pousse à des actes inconsidérés, intriguant et faisant peur en ville. Les mouchards et les agents doubles rôdent, rendant l’atmosphère encore plus trouble et fantastique…
On parcourt la ville à cent à l’heure, et l’œil de Biely passe sur les choses sans jamais s’arrêter ; il lui arrive de trembler, de sortir du cadre, d’explorer les consciences des uns, l’inconscient des autres, et promener un regard prophétique sur l’Union soviétique…
Inspiré par les événements de 1905 dans la capitale russe, écrit entre 1910 et 1913, publié en 1916 puis remanié en 1922, tout dans
Pétersbourg est machination, suspense, effroi, infiltration, prémonition d’une apocalypse finale. Mais c’est aussi une épopée délirante, loufoque, grotesque, parfois à la limite du carnavalesque ; le plus souvent, simplement monstrueuse.