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Alexandre VOLKONSKI

Né a Saint-Pétersbourg en 1866, le prince Alexandre MikhaïIovitch est le petit-fils du célèbre décembriste, Sergueï Grigorievitch Volkonsky, qui fut exilé en Sibérie. Après des études juridiques et une formation militaire, il devient officier dans le régiment de cavalerie de la Garde impériale, puis officier d’état-major. De 1902 a 1905, A. Volkonsky sert a I’état-major général et remplit des fonctions dans le renseignement.

À la fin de l’année 1904, il publie dans Novoïe Vremia (Temps Nouveau) un article qui déplore la conduite de la guerre russo-japonaise du côté russe, ce qui provoque des réactions négatives de la part de ses supérieurs.

En 1912, il démissionne car il considère que le tsar devrait devenir un souverain constitutionnel, puis reprend du service au début de la Première Guerre mondiale. Forcé d’émigrer après la révolution d’Octobre, iI entretient des rapports étroits avec le général Wrangel.

II écrit des articles dans les journaux de l’émigration russe et fait paraître des analyses politiques. Il est enfin un farouche opposant aux mouvements nationalistes ukrainiens soutenus et financés par I’Allemagne.

Après des études de théologie uniate, iI est finalement ordonné prêtre en 1930. Il a enseigné le russe et d’autres langues slaves, à l’institut pontifical oriental. II meurt a Rome le 18 octobre 1934.

 

 

Publiés aux éditions des Syrtes

« Cet ouvrage est remarquable à plus d’un titre. C’est d’abord un rappel concis et documenté des racines historiques de la Russie. Érudit, le prince Volkonski nous fait toucher de près l’unité de cet immense territoire, gouverné pendant plusieurs siècles par une seule dynastie, celle des Rurikides, dont descend sa famille. Les vicissitudes sont nombreuses: démembrement dû à l’invasion mongole, occupation de terres russes par la Pologne et la Lituanie, marche pour l’unité. Toutes participent de la formation de l’identité nationale, un facteur clef pour mieux comprendre les Russes et la Russie à travers l’histoire.

Cette unité russe retrouvée devient la cible d’une politique concertée de l’Europe. Les menées de l’Autriche-Hongrie, de l’Allemagne, puis celles des États-Unis d’Amérique et celles des anciens alliés de la Russie pendant la Grande guerre sont brillamment exposées et dénoncées avec vigueur par l’auteur, qui s’appuie là sur son expérience de militaire et de diplomate. Il remet les pendules à l’heure avec une vivacité qui tient constamment le lecteur en haleine. Mais sa lucidité vis-à-vis des enjeux politiques n’a d’égale que son inquiétude face à la manipulation des esprits. Par ce biais, il nous offre aussi une image émouvante de son identité d’exilé, celle des Russes de la première émigration.

La crise ukrainienne actuelle plonge ses racines dans ce passé complexe, le nier est une folie dangereuse. En ce sens, ce livre apporte une aide précieuse à qui veut y comprendre quelque chose. Bien des éléments analysés par le prince Volkonski gardent une redoutable actualité : la haine de la Russie cultivée par certains, l’étonnement douloureux que cette agressivité suscite chez les Russes, l’hypocrisie intéressée des pays européens. L’entreprise de désinformation se poursuit, favorisée comme jamais en Europe par l’ignorance de générations auxquelles on a enseigné le dédain de l’histoire et de la géographie. » Prince Dimitri Schakhovskoy